LICIA CHERY

LICIA CHERY

Rencontre autour du livre: Tichéri a les cheveux crépus

Auteure, interprète et compositrice, Licia Chery a sorti deux albums « Inspiration » en 2015 et « Blue your mind » en 2012. Elle vient de faire paraître « Ticheri a les cheveux crépus » aux éditions Amathée qu’elle devait présenter dans le cadre de la 25e édition de la Semaine neuchâteloise d’actions contre le racisme, invitée par Adèle Siniremera, présidente de l’association COVE.  

 

Vous venez de publier un livre jeunesse « Ticheri a les cheveux crépus ». Quel en a été le déclenchement et quel message vouliez-vous transmettre ? 

Je voulais simplement m'assurer que le racisme ordinaire, le fait de dire quelque chose de raciste sans forcément être raciste, les différences de traitement entre les gens deviennent des concepts compris par les enfants, abordés avec les enfants, de manière à ce qu'ils puissent être intégrés lorsqu'ils deviennent adultes. 

En effet, après avoir discuté plusieurs fois de racisme avec des adultes, j'ai vite compris que certains concepts n'étaient tout simplement pas intégrés 

Vous êtes née en 1985 à Genève, vous êtes d’origine haïtienne. Vous vous définissez aussi comme une artiste citoyenne du monde. Comment vivez-vous ces appartenances et/ou ces identités multiples ? 

Je les vis comme une richesse. Cela me donne la capacité de comprendre entièrement les comportements des Haïtiens, et ceux des Suisses. Cela permet d'avoir une belle ouverture d'esprit. 

Vous avez interprété l’hymne national suisse, chanté avec Youssou N’dour sur la scène de Paléo en 2014, vous chantez en créole et en anglais. Qu’est-ce que ces expériences musicales disent de vous ? 

Que je suis très éclectique. J'aime diversifier les genres musicaux, j'aime faire ce qui me plaît, et justement mon ouverture d'esprit me permet de ne pas me mettre trop de limites. 

C'est d'ailleurs pour cela que je suis passée de la musique à l'écriture, car je suis vraiment une adepte du concept de faire ce qui nous plaît :) 

Quand on vit la situation des expatriés, les sentiments qui s’installent dans notre âme et prennent place dans notre quotidien sont très liés à la sphère émotionnelle.

Les frissons qu’on a chaque fois qu’on raccroche après avoir parlé avec la famille, une soudaine envie de rencontrer sa meilleure copine pour boire un café, bien évidement debout, à la place principale de la ville ou la joie avec laquelle on attend les prochaines vacances pour rentrer dans le pays : tout ça et encore une multitudes d’autres sentiments, font partie de la vie quotidienne de tous ceux qui, pour différentes raisons, quittent leur pays d’origine. 

Ces dernières semaines où le monde est à genou devant ce terrible virus, tous ces sentiments se sont amplifiés, mélangés entre eux et cela nous pousse à nous interroger sur les choix faits, sur notre vie, sur l’avenir en général.

www.liciachery.com

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