Djaili Amadou Amal

Djaili Amadou Amal

Présentation du livre « Les Impatientes »

Djaïli Amadou Amal, est née en 1975 à Maroua au nord du Cameroun. Ecrivaine et militante, elle a créé en 2012 l’association, “Femmes du Sahel”, qui lutte, notamment, pour la scolarisation des jeunes filles. Dans Les Impatientes, premier roman publié en France de l’écrivaine Djaïli Amadou Amal, trois femmes vivant à l’extrême Nord du Cameroun, Ramla, Hindou et Safira, luttent chaque jour contre la violence exercée à leur encontre, contre le mariage forcé, le viol conjugal, la polygamie. Couronné en 2020 par le Prix Goncourt des Lycéens, après avoir reçu l’année dernière le Prix Orange du livre en Afrique, Djaïli Amadou Amal, “sauvée par la littérature” d’après ses mots, veut voir en cette récompense un espoir pour l’avenir. « Que des jeunes puissent être sensibles à des sujets aussi graves et difficiles, c’est l’espoir d’un avenir meilleur, car les jeunes d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Le roman se passe dans le Nord du Cameroun, mais le sujet se passe partout ailleurs. Lorsqu’on parle de mariage forcé, de polygamie, cela se passe peut être dans certains Etats plus que d’autres. Mais la violence physique, psychologique, les maladies psychosomatiques dont je parle dans le roman, elles, se déroulent partout dans le monde. Non seulement je pense que la littérature peut changer le réel, mais j’en suis la preuve réelle. La littérature a sauvé ma vie. J’ai été mariée à 17 ans à un homme qui en avait plus de 50. Le seul moment de bonheur que j’avais, c’était d’ouvrir un livre. Grace à lui, je pouvais me trouver n’importe où. J’ai commencé à écrire comme un exutoire, comme une thérapie. Après je n’avais pas d’autres choix que de publier mon roman et de m’enfuir. Pour que le jour où mes filles soient mariées, je sois assez forte pour m’y opposer. Et pour être la voix de toutes ces femmes, pour pouvoir les défendre. On reproduit, dans une société, ce que l’on voit. Lorsqu’on dit aux jeunes filles que les femmes peuvent être uniquement de bonnes ménagères et tenir un foyer, elles n’ont pas d’autres images, elles ne peuvent pas se projeter. Lorsque nous faisons des sensibilisations dans les collèges et les lycées, non seulement je viens moi, mais je viens aussi avec une autre membre de l’association qui a réussi dans son domaine. Il s’agit de montrer aux jeunes filles une autre image, leur donner envie d’être autre chose. Et de leur dire : “moi, je suis écrivaine, vous pouvez l’être aussi”.

France Culture, 5 décembre 2020

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