Le génocide au Rwanda

27 Février

Un regard croisé Blandine Karebwayire et Alain Ribaux, le 18 février 2021, au Collège Jean-Jacques Rousseau, Fleurier

Il est des conférences, des rencontres qui vous marquent et bien avisé celui ou celle qui m'aurait prédit un tel rendez-vous, en ce jeudi matin, au collège Jean-Jacques Rousseau de Fleurier, avec les élèves de 10e Harmos.

C'est donc une conférence matinale, dans le cadre des rencontres organisées par Graine de Génie Graine de Citoyen, en préambule de la Semaine d'actions contre le racisme de Neuchâtel coordonnée par le service de la cohésion multiculturelle, en présence de Blandine Karebwayire et Alain Ribaux. 

Lui en sa qualité de conseiller d'Etat en charge de la culture du canton de Neuchâtel mais aussi parce qu'il fût juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda, et Blandine Karebwayire, comme témoin, rescapée du génocide commis envers les Tutsis, en 1994.

Mon inquiétude quant à la réception de ce témoignage auprès d'élèves aussi jeunes est vite balayée par le sérieux, la discipline et l'écoute dont fait preuve la centaine d'élèves présents dans la salle.

Leur attention, ainsi que la mienne, est d’emblée captée par l'allocution d’Alain Ribaux, brillant orateur qui a su  S'adresser à ce jeune public. Un exercice extrêmement difficile qu’il a parfaitement réussi, captivant son auditoire sur un sujet aussi sensible. Cette qualité d'écoute est relevée par Alain Ribaux qui félicite les élèves dont l’attention va se renforcer, (si cela est possible), lorsque Blandine Karebwayire va prendre la parole. Cette jeune femme de quarante ans, aujourd'hui, était une enfant de presque 12 ans, pas loin de l'âge de l'auditoire, quand elle a échappé au massacre de sa famille, ses ami-e-s, ses voisins, son entourage.

De sa voix calme et posée, elle raconte avec franchise et sincérité les épreuves qu'elle a traversées, sans manichéisme, sans haine et avec une assertivité remarquable qui témoigne certainement d'un long cheminement intérieur.

C'est avec la même bienveillance, que Blandine Karebwayire répond aux nombreuses questions des élèves et de quelques professeurs, preuve de l'intérêt de l'auditoire.

L'heure de la rencontre est passée en un éclair et il faut déjà conclure, laisser les élèves partir pour la suite de leurs cours, sans nul doute, grandis de cette expérience, au vu du calme avec lequel ils rejoignent la sortie.

Il faut souligner le travail formidable des enseignants qui ont préalablement préparé cette rencontre avec leurs élèves, avec notamment l'exposition du Musée de l'Homme de Paris consacrée au racisme, dont l’une des thématiques est consacrée au racisme institutionnalisé.

S'il fallait ne retenir qu'une chose de ce témoignage c'est la conclusion de Blandine Karebwayire en réponse à la question des solutions apportées pour briser le cercle infernal des haines qui entraînent des massacres. Elle a proposé, avec humilité, par rapport à sa propre expérience de résilience, de s'aimer soi-même, de rejeter la haine de soi, de se connaître, de s'accepter. Pour pouvoir ensuite aller vers l'autre.

Une sagesse inspirante qui a conquis tout l'auditoire, les élèves de 10e, futurs adultes et futurs citoyens.

 

Daniel Snevajs.

 

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