L’hygiène scolaire redevient d’actualité !

03 Août

Face à la propagation de la Covid-19, il est de règle d’appliquer de strictes prescriptions d’hygiène dans les classes. On fit de même jadis lorsque sévissaient les maladies infectieuses.

Nous sommes très démunis face face à la pandémie de la Covid-19 ; nous n’avons pas de médicaments ni de vaccins. Seules les pratiques du dépistage et de l’hygiène permettent d’enrayer la propagation rapide du virus. Il en allait de même jusqu’au milieu du XXe siècle lorsque sévissaient les maladies infectieuses. Le développement des méthodes sanitaires (contrôles de la qualité de l’eau, des aliments, évacuation des déchets) permit de lutter contre la prolifération des microbes responsables de ces affections. A ces progrès de l’hygiène vinrent s’ajouter plus tard ceux de la médecine (vaccins, antibiotiques). 

Faire face aux microbes dans les classes

Désinfections ou lavages fréquents des mains, aération des classes, nettoyages réguliers des pupitres, des rampes d’escaliers, des sanitaires, etc. sont les mesures classiques d’hygiène qu’implique toute pandémie. Il en va de même à la fin du XIXe siècle, lorsque l’instruction devient obligatoire. L’État se préoccupe alors de la construction de nouvelles écoles lumineuses et aérées, de l’entretien des classes, de la santé des élèves et de la prévention des maladies. 

Une nouvelle discipline, l’hygiène (Gesundsheitspflege) prend son essor face au fléau que sont alors les maladies infectieuses. Elle s’enseigne dans les facultés des sciences des universités. Elle a ses chaires professorales et ses revues. Des spécialistes en santé publique, formés à cette école, créent, en 1899, la Société suisse d’hygiène scolaire. Celle-ci publie régulièrement des rapports sur la situation sanitaire des écoles. Elle s’intéresse à tout ce qui a trait à la prévention et à la promotion de la santé. En cas d’épidémie, elle préconise de se laver régulièrement les mains en classe, de désinfecter les locaux, d’éloigner les enfants contaminés et de faire laver leurs vêtements. 

Lutter contre les maladies liées à la pauvreté

La tâche de la Société suisse d’hygiène scolaire est difficile ; les maladies infectieuses - la tuberculose en particulier- et celles liées à la malnutrition font des ravages. Ces affections touchent surtout les enfants pauvres qui souffrent de malnutrition. Le docteur Jakob Laurens Sonderegger de Saint-Gall analyse les incidences de la mauvaise qualité de l’air, de l’eau, de l’alimentation, de l’habitat sur la santé. Il montre que les taux élevés de mortalité des jeunes enfants sont dus avant tout à la pauvreté et à de désastreuses conditions de vie et d’hygiène.

 

Le médecin neuchâtelois Louis Guillaume publie, en 1864, un ouvrage Hygiène scolaire qui connaît un grand retentissement en Europe. Il recommande une école attentive au développement physique et intellectuel des enfants. Il s’indigne de l’empressement des autorités éducatives à rajouter sans cesse de nouveaux objets d’étude, lesquels alourdissent inutilement les programmes. Les horaires des classes sont surchargés et ne tiennent pas compte des rythmes biologiques des élèves. Louis Guillaume dénonce les méfaits sur la santé de la position assise prolongée, du poids des cartables et des devoirs à domicile souvent trop ardus. Il faut de l’air, du mouvement, de fréquentes récréations ainsi qu’une pratique quotidienne d’exercices physiques et respiratoires. 

 

Les autorités scolaires tiennent compte de certaines recommandations des médecins scolaires :  elles font installer des douches dans les écoles, organise des distributions de lait, de soupe, de pommes et d’huile de foie de morue afin de pallier les carences alimentaires. L’hygiène et les mesures de salubrité publique font reculer les maladies infectieuses avant que n’apparaissent les vaccins et les antibiotiques. Aujourd’hui comme hier, il nous faut veiller à l’hygiène en classe afin d’enrayer la prolifération du nouveau virus. 

 

Simone Forster  

 

 

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